Entrons dans la boucle : une feuille de route pour une économie 100% circulaire

La transition vers une économie circulaire est un chantier clé de la transition écologique et solidaire. Le modèle linéaire "fabriquer, consommer, jeter" se heurte fatalement à l’épuisement des ressources de la planète.

Elle porte en elle de multiples dynamiques de progrès et d’innovations technologiques, numériques et sociales qui réconcilient l’environnement avec l’économie.

Les objectifs :
-    Réduire la consommation de ressources liée à la consommation française : réduire de 30% la consommation de ressources par rapport au PIB d’ici à 2030 par rapport à 2010 ;
-    Réduire de 50% les quantités de déchets non dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010 ;
-    Tendre vers 100% de plastiques recyclés en 2025 ;
-    Réduire les émissions de gaz à effet de serre : économiser l’émission de 8 millions de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année grâce au recyclage du plastique ;
-    Créer 500 000 emplois supplémentaires, y compris dans des métiers nouveaux.

Ce basculement de modèle économique ne se fera pas spontanément. Il demande une action volontariste de l’Etat à la fois pour définir un cadre économique et financier qui incite les acteurs à prendre des décisions dans le sens de l’économie circulaire (durée de vie des biens, incorporation des matières recyclées / biosourcées, approvisionnement soutenable en matières premières critiques, réparation, essor du ré-emploi, collecte et recyclage en fin de vie des biens) ainsi que pour structurer des filières de production capables de « boucler la boucle » entre les capacités de collecte, de recyclage et de débouché pour les matières à recycler tout en permettant l'innovation notamment à travers l'écoconception. Pour accompagner cette montée en gamme de l’appareil productif français, il faudra également mobiliser les outils de la finance verte pour amener les capitaux privés à soutenir les investissements et l’innovation en économie circulaire.
Les bénéfices de cette transition, qui doit être menée dans une approche transversale, sont massifs pour l’environnement et pour le climat. Faire entrer dans une logique circulaire la production et la consommation permet de réduire notre empreinte écologique et notamment de réaliser d’importantes économies d’émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi la « feuille de route pour l’économie circulaire » s’inscrit pleinement dans le « plan climat » national.
L’économie circulaire va en outre contribuer à l’atteinte de certaines des cibles des  objectifs du développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 pour la France (ODD12 – Consommation et production durables en particulier, mais aussi l’ODD11 - Villes et communautés durables, etc.).

Les bénéfices pour l’économie en termes de création de richesse, d’activités et d’emplois nouveaux et d’innovations sont bien réels. On estime que le secteur de l’économie circulaire représente au moins 800 000 emplois actuellement en France, avec un potentiel de 500 000 emplois supplémentaires, dont certains métiers sont à inventer dans des modèles économiques existants (par exemple pour les déchets du BTP) ou dans des modèles économiques nouveaux (par exemple ce qu’on appelle « l’économie de la fonctionnalité »). Il s’agit pour l’essentiel d’emplois locaux, pérennes et non délocalisables. L’économie circulaire, c’est aussi la réduction de la dépendance de la France aux importations de matières premières et aux aléas économiques mondiaux. Il s’agit d’une politique industrielle qui vise à maximiser sur le territoire national la valeur ajoutée associée aux opérations de recyclage, à accompagner la montée en gamme de la production française et à positionner les entreprises françaises parmi les leaders européens de l’économie circulaire. Pour les entreprises, ce sont des innovations pour éco-concevoir les produits et à terme des gains de compétitivité, notamment dans le domaine des plastiques qui doit faire l’objet de progrès plus marqués. Le numérique constitue une opportunité pour la transition vers une économie circulaire, en permettant notamment la mise en réseau, l’accès à l’information et à la donnée, l’aide à la décision, la production de nouveaux services.
Enfin, l’économie circulaire donne des horizons nouveaux à l’économie sociale et solidaire qui a ouvert la voie depuis de nombreuses années dans des projets permettant de répondre à des besoins non totalement satisfaits par les entreprises classiques : c’est une source d’innovation sociale et d’opportunité d’emplois pour les plus fragiles. C’est une mise en mouvement des territoires autour de projets porteurs de sens.

Une feuille de route pour agir

Aujourd’hui, le principal défi est celui de la mobilisation de tous – citoyens, collectivités, entreprises, associations, administrations, acteurs de la recherche et du développement dans tous les territoires – pour un réel passage à l’acte et un passage à l’échelle. Pour relever ce défi, la feuille de route vise à bousculer des habitudes, à informer en montrant des bons exemples, à convaincre et aussi à donner envie.

Calendrier et méthode d’élaboration de la feuille de route
Nicolas Hulot et Brune Poirson ont lancé le 24 octobre les travaux d’élaboration de la feuille de route de l’économie circulaire.
Les parties prenantes ont travaillé pendant deux mois au sein de 4 ateliers : territoires, plastiques, consommation/production durable, instruments économiques. Ils se sont réunis 5 fois.
En parallèle une plateforme en ligne a été ouverte pour recueillir les avis des citoyens : avec près de 1800 contributions et plus de 16 000 votes, cette consultation a montré le fort enthousiasme des citoyens sur l’économie circulaire.
Une mission spécifique a par ailleurs été lancée sur l’avenir des filières à responsabilité élargie des producteurs (REP). Dans ce cadre et sur la base des propositions de cette mission, la feuille de route pourra définir des orientations politiques sur le modèle  des filières REP.
La synthèse des propositions issues des ateliers a été présentée aux parties prenantes en janvier. Des groupes de travail spécifiques ont été lancés par l’Etat pour poursuivre les échanges entre les différents acteurs (collectivités, entreprises, ONG, …), identifier les outils les plus pertinents pour répondre aux objectifs de la feuille de route et leurs modalités pratiques de mise en œuvre. Des groupes de travail ont également été lancés pour que les acteurs de la filière plastique mettent en place des engagements par résine plastique.
La pré-feuille de route a été construite à partir de cette synthèse. Elle est publiée le 6 février 2018 et soumise à consultation jusqu’au 25 février 2018.
La feuille de route définitive sera publiée d’ici fin mars conformément au plan climat.

La « feuille de route économie circulaire » trace le chemin qui permettra de réellement progresser au cours du quinquennat vers les objectifs ambitieux du plan climat en matière d’économie circulaire. Il s’agira également de porter notre modèle d’économie 100% circulaire au niveau européen et international via l’initiative #MakeOurPlanetGreatAgain. Dans le sillage du leadership qu’elle a pris sur le climat, la France peut devenir le fer de lance de l’économie circulaire au niveau mondial.

Le changement d’échelle et de modèle ne pourra se contenter de l’adoption d’une feuille de route. D’ici la fin de l’année 2018 un document de planification qui initiera la première programmation pluriannuelle de l’économie circulaire (PPEC) définira avec les parties prenantes une trajectoire robuste pour les 10 années à venir à la fois sur la mise en décharge et le recyclage du plastique. Au-delà, il faudra assurer une mobilisation de chacun dans la durée.

Cette mobilisation a été particulièrement intense pendant la phase de concertation depuis octobre 2017. Cela témoigne du vif intérêt des Français pour qu’une impulsion forte soit donnée en faveur de cette transition.

Donnez votre avis sur les différents thèmes de la feuille de route économie circulaire :

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